Château d’Ivernois

novembre 13th, 2015

Au cœur du village de Môtiers s’élevait au milieu du 16ème siècle la maison de Claude Baillod, châtelain du Val-de-Travers, où sera reçu en 1617 le prince Henri II d’Orléans-Longueville lors d’un voyage en sa principauté de Neuchâtel. Le banquier Abraham d’Ivernois, natif du lieu ayant fait fortune à Paris, l’acquiert en 1720 et confie à l’architecte Antoine Favre, de Couvet, l’exécution d’une nouvelle construction sur des plans livrés par l’architecte parisien Aubry. Des pierres de taille, des poutres et une vaste cheminée sont réutilisées dans la nouvelle bâtisse. Achevée en 1724 et sans doute inspirée des hôtels parisiens entre cour et jardin, la maison de maître répond aux meilleurs canons architecturaux européens du moment, tant par ses dispositions que par ses façades, de style Régence.
L’exploitation agricole dépendant du château rappelle quant à elle sa présence par les imposantes dépendances rurales alors bâties en marge de la cour d’honneur, en premier lieu une très vaste grange datée de 1721.
Au cours des siècles suivants, les propriétaires successifs du domaine effectuent plusieurs transformations et ajouts, en particulier un manège construit dans le parc en 1856.
Aux mains de châtelains cultivés, le château a accueilli au cours des siècles des visiteurs illustres, le plus célèbre étant Jean-Jacques Rousseau lors de son séjour à Môtiers de 1762 à 1765.
Son nouveau propriétaire, la Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture, procède à une rénovation minutieuse des lieux entre 2002 et 2006. Dans le souci d’en valoriser la beauté et les particularités, les travaux sont réalisées en harmonie avec la structure de base, et les deux principales dépendances sont transformées en musées. Ainsi, la grange de 1721 accueille-t-elle actuellement les merveilles de l’art aborigène australien et le manège de 1876 une collection permanente de voitures rares et d’exception.
Aujourd’hui, le Château d’Ivernois à Môtiers a le privilège d’être considéré comme un « joyau du patrimoine architectural du 18ème siècle » (Jacques Bujard, Conservateur cantonal, 2008) et d’être reconnu d’intérêt national par la Confédération suisse.

© Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture 2015